jeudi 14 juin 2012

Notre lecture de la différence entre Nevers, La Nièvre et les autres…

Les analyses de comparaison sur la fiscalité locale entre les villes, partagées en conseil par Emmanuel Gisserot,  montrent que :

·         Cela fait déjà au moins 14 ans que les taux d’imposition sont plus élevés à Nevers que dans les autres villes, puisque sans augmenter les taux depuis 14 ans  Nevers caracole encore en tête des villes  ayant les taux d’imposition les plus hauts
·         Cela fait également au moins 14 ans que les valeurs des bases  sur lesquelles s’appliquent les taux d’imposition sont plus élevées à Nevers qu’ailleurs

Au final, c’est un peu la double peine pour l’habitant de Nevers : des taux  plus élevés qui s’appliquent sur des bases les plus élevées. Et si la valeur des biens immobiliers a Nevers s’est progressivement alignée sur le pouvoir d’achat des Neversois, en revanche leurs impôts locaux restent en complète contradiction avec leurs revenus. De plus ces impôts locaux continuent à monter chaque année du fait même de la hausse des bases par l’état, que la ville a décidé de ne pas compenser.

Pourtant nous dit l’INSEE,  les revenus des Neversois sont plus faibles qu’ailleurs ce qui certes modère leur imposition sur le revenu, mais pas leur imposition fiscale locale qui échappe à cette logique de modération, excédant au final par un facteur de 2 à 3 le montant de leur fiscalité sur le revenu.

Nous ne citerons que les conséquences suivantes de cette double peine qui ont été dramatiques en termes de baisse de la population de la ville, et que nous avons découvertes en écoutant les gens parler.

  • Des familles des classes moyennes envoyant leurs enfants en études supérieures à l’extérieur de Nevers (Clermont, Dijon, Paris,), et faisant face aux dépenses nouvelles pour y loger leurs enfants,  s’expatrient fiscalement à Marzy.
  • Des jeunes retraités des classes moyennes, une fois leurs enfants partis,   ne peuvent plus financer la maison ou l’appartement dans lequel ils ont toujours habité, et le quitte.

La cause de tout ceci est connue et depuis une interview donnée  par le Maire il y a plus d’un an au JdC, nous savons que nous la partageons avec lui : la contribution de  l’économique à Nevers est trop faible, et laisse les habitants seuls à porter la charge. Ce qui veut dire aussi en creux qu’il y a bien eu  17 ans d’absence dans ce domaine, après la mort de Pierre Bérégovoy.

Sur la forme, nous relevons avec satisfaction les nouvelles pages  économiques dans le Nevers Ca Me Botte. Mais sur le fond, Nevers, l’ADN et le Département ne disposent toujours pas d’une boîte à outils pour un développement économique  proactif et créatif à la hauteur des enjeux immenses du rattrapage du retard pris en la matière pendant 17 ans…

Si des résistances culturelles fortes à l’ouverture économiques expliquent la situation, pourtant l’enjeu pour les Neversois et les Nivernais n’a jamais été aussi important.  S’il le faut, pour rappeler les élus à leurs obligations,  j’organiserai une manifestation Populaire Place Carnot pour exiger un vrai changement en la matière, qui aille bien au-delà de la simple communication!

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