Notre lecture de la
différence entre Nevers, La Nièvre et les autres…
Les analyses de comparaison sur la fiscalité locale entre
les villes, partagées en conseil par Emmanuel Gisserot, montrent que :
·
Cela fait déjà au moins 14 ans que les taux d’imposition
sont plus élevés à Nevers que dans les autres villes, puisque sans augmenter
les taux depuis 14 ans Nevers caracole
encore en tête des villes ayant les taux
d’imposition les plus hauts
·
Cela fait également au moins 14 ans que les
valeurs des bases sur lesquelles
s’appliquent les taux d’imposition sont plus élevées à Nevers qu’ailleurs
Au final, c’est un peu la double peine pour l’habitant de
Nevers : des taux plus élevés qui
s’appliquent sur des bases les plus élevées. Et si la valeur des biens
immobiliers a Nevers s’est progressivement alignée sur le pouvoir d’achat des
Neversois, en revanche leurs impôts locaux restent en complète contradiction
avec leurs revenus. De plus ces impôts locaux continuent à monter chaque année
du fait même de la hausse des bases par l’état, que la ville a décidé de ne pas
compenser.
Pourtant nous dit l’INSEE,
les revenus des Neversois sont plus faibles qu’ailleurs ce qui certes
modère leur imposition sur le revenu, mais pas leur imposition fiscale locale
qui échappe à cette logique de modération, excédant au final par un facteur de
2 à 3 le montant de leur fiscalité sur le revenu.
Nous ne citerons que les conséquences suivantes de cette
double peine qui ont été dramatiques en termes de baisse de la population de la
ville, et que nous avons découvertes en écoutant les gens parler.
- Des
familles des classes moyennes envoyant leurs enfants en études supérieures
à l’extérieur de Nevers (Clermont, Dijon, Paris,), et faisant face aux
dépenses nouvelles pour y loger leurs enfants, s’expatrient fiscalement à Marzy.
- Des
jeunes retraités des classes moyennes, une fois leurs enfants partis, ne peuvent plus financer la maison ou
l’appartement dans lequel ils ont toujours habité, et le quitte.
La cause de tout ceci est connue et depuis une interview
donnée par le Maire il y a plus d’un an
au JdC, nous savons que nous la partageons avec lui : la contribution
de l’économique à Nevers est trop
faible, et laisse les habitants seuls à porter la charge. Ce qui veut dire aussi
en creux qu’il y a bien eu 17 ans
d’absence dans ce domaine, après la mort de Pierre Bérégovoy.
Sur la forme, nous relevons avec satisfaction les nouvelles
pages économiques dans le Nevers Ca Me
Botte. Mais sur le fond, Nevers, l’ADN et le Département ne
disposent toujours pas d’une boîte à outils pour un développement
économique proactif et créatif à la
hauteur des enjeux immenses du rattrapage du retard pris en la matière pendant
17 ans…
Si des résistances culturelles fortes à l’ouverture économiques
expliquent la situation, pourtant l’enjeu pour les Neversois et les Nivernais
n’a jamais été aussi important. S’il le
faut, pour rappeler les élus à leurs obligations, j’organiserai une manifestation Populaire
Place Carnot pour exiger un vrai changement en la matière, qui aille bien
au-delà de la simple communication!