lundi 11 juillet 2011

Nevers change



Un des grands problèmes auxquels fait face Nevers est celui de la démographie. Il n’a échappé à personne que sur les dix dernières années nous avons perdu plus de cinq mille habitants, passant ainsi sous la barre des quarante mille âmes. Les conséquences pour la ville sont graves, d’une part sur le plan de l’attractivité, puisque cela montre Nevers sur le déclin, avec des perspectives d’avenir peu attirantes. D’autre part, les conséquences économiques et financières de cette baisse ne sont pas à sous-estimer, car moins d’habitants implique moins de recettes fiscales locales et moins de dotations de la part de l’Etat.
La réponse de la mairie a longtemps été celle du fatalisme. Didier Boulaud lors de son débat télévisé organisé pendant la campagne des municipales de 2008 parlait par exemple « d’une situation commune à toutes les villes du grand quart nord-est », et semblait espérer sans trop y croire que la situation se renverse d’elle-même dans le futur.
 Ce n’est pas notre point de vue, nous pensons qu’il est possible de mettre fin à la perte annuelle de 650 habitants qui touche Nevers, ou du moins de la diminuer, en étudiant de plus près le profil des habitants qui quittent la ville pour comprendre leurs motivations. Voici donc la question que nous avons soumise au maire lors du conseil municipal du 4 juillet.

Monsieur le maire, pouvez-vous nous indiquer les informations concernant les flux migratoires vers et depuis Nevers, notamment selon des critères d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de nationalité, de destination ? Pouvez vous également nous préciser la cause du départ de ces habitants, si celle-ci est connue ?


Voici les premiers éléments de réponse que j’ai entre les mains, en attendant le compte-rendu écrit du conseil municipal sur le site de la mairie.
Tout d’abord, le chiffre de 650 départs est trompeur. En effet plus de 2000 habitants quittent Nevers chaque année, ce qui est compensé au moins en partie par 1400 arrivées. Le renouvellement des habitants est donc bien supérieur à ce que nous pouvions penser, puisqu’en dix ans, la moitié de la population s’est potentiellement renouvelée.
 Le problème, c’est que la plupart des départs concernent les catégories sociales supérieures, alors que les arrivées sont des gens souvent en difficulté ayant un pouvoir d’achat bien inférieur. Ce type de renouvellement cause donc une baisse de la richesse globale de la ville qui est désastreuse pour les commerces de Nevers puisqu’il n’y a non seulement moins d’habitants, mais ils sont également moins riches. En continuant ainsi la ville ne peut que péricliter.
Plus encore, de nombreux habitants quittent Nevers non pas pour changer de région (ce qui était l’explication de M. Boulaud) mais pour s’installer dans les communes avoisinantes, notamment Varennes-Vauzelles. Cela signifie que ce n’est pas vivre dans la région qui déplait aux habitants, mais certains éléments de Nevers même. Les impôts par exemple ? Du moins cela implique que le phénomène d’émigration n’est pas une donnée implacable liée aux déplacements démographiques de long terme mais que l’on peut y faire quelque chose.
Cela renforce notre conviction que la ville doit déployer plus d’efforts pour attirer de nouveaux habitants de l’extérieur (l’idée de créer une maison de la Nièvre à Paris va dans ce sens), mais surtout qu’elle doit rapidement comprendre ce qui fait fuir les habitants pour enrayer la tendance actuelle. 
Nous attendons le compte-rendu de la mairie à ce sujet, qui permettra de donner plus de détails quant aux mutations démographiques afin de mieux cerner ce problème urgent.



    Bruno Benchemakh

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